par Alternatives 5 juillet 2007.
Le Siriel-Média estime très important ce court dossier d’information: en effet, en plus des quelques données factuelles, on y retrouve des sondages sur l’opinion des gens en Afghanistan et des témoignages —on reconnaît les véritables démocrates en celles et ceux qui donnent la parole aux gens.
Extraits sélectionnés par le Siriel-Média :
Que pensent les Afghans ?
- 28, 8 % supportent ouvertement les talibans
- 80,3 % s’inquiètent des approvisionnements en nourriture pour leur famille
- 48,7% croient que l’OTAN ne parviendra pas à vaincre les talibans
- 80,4 % estiment que les troupes étrangères n’aident pas leur peuple [s]
Qui meurt de la guerre ?
- Soldats afghans : plus de 13 000
- Civils afghans : plus de 5 500
- Soldats de l’OTAN : 673 (dont 404 américains et 60 Canadiens) [s]
[s] pour les sources, voir le dossier en question.
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Sur l’insurrection actuelle
En Afghanistan, la communauté internationale a choisi d’opter pour une approche contre-insurrectionnelle qui ignore l’évolution actuelle de l’insurrection. (...) La plupart des combattants talibans sont des Afghans ordinaires qui ont été conduits à la rébellion par des incitatifs financiers ou par des griefs bien légitimes. (...) La majorité des récriminations exprimées par le peuple afghan pourraient être résolues en adoptant quelques solutions simples et fort peu coûteuses. Nul doute que l’insurrection y perdrait une partie de son élan.
Parmi les griefs légitimes des Afghans, signalons :
- le nombre élevé de civils tués, blessés ou déplacés par des bombardements étendus en zone rurale ;
- l’éradication forcée de plusieurs plantations de pavots, alors que les agriculteurs dépendent entièrement des revenus de leur champ pour nourrir leur famille;
- le manque d’assistance et d’aide humanitaire après des combats ou des désastres naturels comme les inondations ou les sécheresses (...);
- la faiblesse du développement économique, autant à la ville qu’à la campagne. (...) Le Sud demeure dramatiquement pauvre;
- la perception que le gouvernement Karzaï n’est qu’une marionnette des pays occidentaux;
- le manque d’écoles ou d’hôpitaux;
- la perception que la communauté internationale ne respecte pas la culture et les traditions afghanes et qu’elle veut faire les choses à la manière occidentale, en tentant de résoudre les problèmes avec des méthodes et des outils importées de l’extérieur.
[ Source: Senlis Council, Countering the Insurgency in Afghanistan : Losing Frieds and Making Enemies February 2007.]
* * *
Le résultat, c’est que la population est devenue complètement désillusionnée par rapport à l’expérience post-taliban. Comme me l’a résumé un travailleur de la coopérative pour laquelle je travaille : « Nous ne savons pas de quel côté il faut se tourner. Le jour, le gouvernement fait pression sur nous. La nuit, c’est au tour des talibans. »
- Extraits d’une entrevue en octobre 2006 de Sarah Chayes, ancienne correspondante de la radio publique américaine en Afghanistan et auteure du livre The Punishment of Virtue : Inside Afghanistan After the Taliban (Penguin Press, 2006).
:: Lire ce dossier en ligne :
www.alternatives.ca/article2912.html