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Québec-Afghanistan: discours pour la Coalition de Québec pour la paix
Ce mercredi 20 juin 2007, lors d’une conférence de presse à Québec, Mesdames et messieurs les journalistes, citoyens et citoyennes qui nous écoutent, bonjour, Comme vous le savez, au moment où je vous parle, près de 2000 soldats et soldates québécois se préparent à partir pour l’Afghanistan. Alors que l’armée et le gouvernement canadien débutent demain une campagne de promotion de la guerre en Afghanistan auprès de la population québécoise —qui y est très majoritairement opposée, il nous apparaît important de prendre la parole pour expliquer les raisons qui nous poussent nous aussi, comme citoyens et citoyennes québécois et québécoise, à s’opposer à cette guerre. 1. En premier lieu, il est important de dire que malgré ce que le gouvernement fédéral voudrait nous faire croire, la guerre en Afghanistan n’est pas une guerre qui est menée pour des raisons humanitaires, ce n’est pas une guerre qui est menée pour libérer le peuple afghan et ce n’est pas non plus une guerre qui est menée pour lutter contre l’extrémisme islamiste. La preuve, c’est qu’il est bien connu de tout le monde que plus de la moitié du nouveau parlement afghan est composé —selon des groupes aussi autorisés qu’Amnesty International— de criminels de guerre et de seigneurs de l’opium qui sont aussi vicieux et aussi rétrogrades que les Talibans qu’ils ont remplacés. Si le gouvernement canadien voulait vraiment aider le peuple afghan, il ne s’associerait pas avec un gouvernement corrompu et qui ne respecte en rien les droits humains les plus élémentaires. D’autre part, à l’inverse de ce que prétendent certains, cette guerre ne nous protègent aucunement contre le terrorisme, mais au contraire elle le provoque et elle le sert en renforcant les sentiments anti-occidentaux de la population; ceci aussi est reconnu par tout le monde maintenant – même par les services de renseignements américains. En réalité, la guerre en Afghanistan est une guerre qui est menée pour s’assurer de la mise en place d’un gouvernement pro-américain en Afghanistan, qui va protéger leurs intérêts politiques et économiques dans la région, et le Canada est engagé dans cette guerre pour la simple raison que le gouvernement canadien veut bien paraître auprès des États-Unis. Après les attentats de septembre 2001, George Bush a dit : « Vous êtes avec nous ou vous êtes contre nous ». Le gouvernement canadien, et particulièrement Monsieur Harper, a fait son choix. Le problème, c’est que ce n’est pas un choix qui a été fait en fonction des intérêts de la population canadienne, mais uniquement en fonction des intérêts d’une minorité d’entre eux. Cette minorité de canadien à qui la guerre profite, elle s’exprime par exemple dans deux documents qui ont été lancé coup sur coup en 2003 et en 2004 par le très influent Conseil Canadien des Chefs d’Entreprise —un organisme qui regroupe les chefs de direction de 150 grandes compagnies canadiennes—, deux documents qui 2. Ceci nous amène à la deuxième raison que nous avons de s’opposer à l’implication militaire canadienne en Afghanistan, une raison qui est aussi bonne que la première et qui est la raison démocratique. Le gouvernement fédéral ne peut pas continuer à ignorer le fait simple, mais têtu, que les québécois et les québécoises sont contre la mission en Afghanistan. Vous voyez comme moi les sondages. Aujourd’hui c’est près 70% des Québécois et de Québécoises sont opposés à la mission en Afghanistan. Ils et elles s’y opposent parce qu’ils savent que cette guerre n’aide pas vraiment la population afghane. Ils et elles s’y opposent parce qu’ils jugent que les 4 milliards de dollars qui seront investis dans le budget de la Défense canadienne entre 2007 et 2009 seraient bien mieux utilisés par exemple pour le refinancement des programmes de santé et d’éducation. Mais surtout, ils et elles s’y opposent parce qu’ils savent que malgré tous les préparatifs, tous les entraînements et toute les précautions que l’on peut prendre, la guerre reste toujours synonyme de souffrance, de blessure et de mort. Tout le monde, ou presque, a dans sa famille ou parmi ses ami-es quelqu’un qui est allé ou qui risque d’aller en mission avec l’armée. Le Canada est le pays qui a le plus haut taux de perte en Afghanistan. Combien de soldats canadien, de soldats québécois, vont revenir estropié ou pire ? Les gens qui acceptent d’aller en mission le font sûrement en vertu d’un sentiment moral qui est très honorable. Pourquoi priver la société québécoise des talents et des compétences de ces individus? Leur volonté d’aider et de s’impliquer socialement seraient très utile au Québec et elle aurait de meilleure chance de porter de long fruit que sur les champs de bataille de l’Afghanistan. Dans les prochaines semaines, le gouvernement canadien va essayer de nous faire accepter l’idée que la mission canadienne en Afghanistan est noble. Mais l’est-elle vraiment? Nous pensons que non, la majorité des québécois pensent que non, alors le 22 juin, il est temps de dire ensemble à Monsieur Harper: sortez les troupes canadiennes d’Afghanistan. Merci. * * *[ create a profile (account) to comment ] | ||||||||