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Les armes à uranium appauvri: ont-elles été utilisées de manière éthique d'un point de vue humanitaire?
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Les armes à uranium appauvri: Les ministères de la Défense britannique et états-unien ont-ils utilisé ces armes de manière éthique d’un point de vue humanitaire?une analyse de Michaël Lessard, avril 2001(lorsqu’il était étudiant à la maîtrise en relations internationales à Université Laval, Québec, Canada) :: Sommaire Introduction : Lors de la Guerre du Golfe persique (contre l’Irak en 1990-91), des obus et des missiles britanniques et états-uniens étaient munis de tiges à uranium appauvri (UA). En fait, environ 300 tonnes de ce métal (UA) furent utilisées contre de nombreuses cibles irakiennes, en particulier dans le sud de l’Irak. Suite à cette guerre, plusieurs questions et critiques ont émergé sur les effets potentiellement toxiques et néfastes des résidus d’UA laissés sur les champs de bataille. Également, le Pentagon a révélé que 10 800 projectiles d’UA furent utilisés dans le conflit en Bosnie entre 1994-95.* Mais c’est seulement suite aux bombardements de l’OTAN contre la Serbie lors du conflit au Kosovo (1999), où 31 000 projectiles ont été utilisés*, qu’un débat international et largement médiatisé a émergé. Des groupes de pression civiques, menés surtout par des vétérans nord-américains de la Guerre du Golfe persique et par quelques savants de divers pays, ont contesté la position officielle des ministères de la Défense des États-Unis et de la Grande-Bretagne comme quoi les armes à UA ne seraient aucunement dangereuses pour les personnes hors combat ni pour l’environnement. En fait, depuis l’intervention au Kosovo, la question est devenue une véritable polémique suite au développement de cancers (surtout des leucémies) chez une vingtaine de militaires européens, dont quelques décès, lors de la mission de paix au Kosovo.* Dès lors, des agences des Nations Unies (ONU), tels le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ont initié des recherches plus poussées sur les dangers possibles de l’UA. Ce métal a été utilisé car il est extrêmement efficace pour percer le blindage. Lorsque les tiges d’UA placées à la pointe d’un obus ou d’un missile frappent un blindage (ou certaines surfaces métalliques), celles-ci entrent « en fusion » et percent relativement aisément un char d’assaut blindé par exemple. Lors d’un tel impact, l’UA se désagrège en une poussière fine qui s’éparpille autour de la cible; celle-ci peut alors être transportée par les déplacements de l’air. C’est cette poussière d’UA laissée sur les champs de bataille qui pourrait avoir causé des problèmes de santé et la mort à des personnes, tant civiles que militaires, ayant été en contact avec celle-ci. Plusieurs questions intéressantes et importantes peuvent être posées. Par exemple, quels sont les facteurs économiques, éthiques, légaux, politiques ou stratégiques entourant l’acceptation ou le refus d’utiliser l’UA dans l’armement? Quels rôles les groupes de pression ont-ils eu sur la question et avec quelle efficacité? Est-ce vraiment l’UA qui a provoqué les cancers chez des militaires européens au Kosovo? De plus, d’où provient l’UA? Ce sont seulement quelques-unes des questions que plusieurs analystes du monde commencent certainement à se poser, en cette année 2001, particulièrement parmi l’Union européenne. Dans l’analyse qui suit, nous proposons un questionnement éthique sur la question. Essentiellement, les officiers et les personnes au service des ministères de la Défense britannique et états-unien ont-ils utilisé l’UA d’une manière éthique d’un point de vue humanitaire? Pour arriver à une réponse à ce questionnement, nous allons aussi poser les questions suivantes: Ainsi, il s’agira d’abord de mettre en relief les informations et les discours qui existaient avant et après la Guerre du Golfe Persique (1990-1991) et le conflit au Kosovo (1999). C’est à partir de ces faits que nous allons estimer si les décisions prises et les gestes posés étaient ou non éthiques d’un point de vue humanitaire. Le « point de vue humanitaire » ici utilisé est basé sur le principe comme quoi une intervention armée ne doit pas causer des dommages physiques ou des décès au-delà de l’objectif militaire poursuivi. Plus concrètement, permettons-nous de grandement simplifier à l’aide de l’exemple suivant: si l’objectif est de détruire ou de neutraliser un véhicule blindé, l’assaut ne doit pas causer des souffrances à des individus qui n’étaient pas sur les lieux de la cible attaquée. Il s’agit en effet d’une simplification des nombreux principes humanitaires à respecter lors d’interventions armées, c’est-à-dire des principes éthiques liés au Droit humanitaire international. Mais, pour justement faciliter notre compréhension des aspects éthiques liés à l’utilisation d’armes à UA, le principe que nous allons utiliser pour notre analyse sera donc le suivant: l’arme utilisée lors d’une attaque ne doit pas mettre en danger la santé physique de personnes n’étant pas sur les lieux au moment où la cible est touchée. De plus, il nous faut préciser que par le terme « personnes », nous n’incluons pas uniquement les civils mais aussi les militaires tant alliés qu’ennemis. Fondamentalement, nous postulons que ce principe est inhérent aux Conventions de Genève (1949) sur la protection des victimes des conflits armés et à leurs Protocoles additionnels (1979) et, par conséquent, que celui-ci fait partie de l’éthique professionnelle des militaires britanniques et états-uniens ainsi que de celle des personnes au service des ministères de la Défense concernés. En effet, les Conventions de Genève doivent être respectées en tout temps et « en toutes circonstances » (article 1er commun aux quatre Conventions de Genève). Toutefois, nous n’allons pas faire appel aux traités ou aux conventions du Droit humanitaire international en soi, mais uniquement à ce seul principe nommé ci-dessus que nous jugeons minimal d’un point de vue humanitaire, et ce, selon un questionnement éthique plutôt que juridique. :: Pour télécharger ce texte »
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